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mardi 16 juin 2020

Parlons d'innovation avec...

Sarah Beaulieu, scénariste multisupport


Interview du 4 juin 2020, réalisée par rOmain Thouy


35ème article d’une série d’interviews réalisés sur la gestion de l’innovation dans le domaine des industries créatives (jeux vidéo, films d’animation) de la région Occitanie.

Sarah Beaulieu
Sarah Beaulieu est scénariste multisupport, auteur et metteur en scène. Comme elle le dit elle-même sur son blog, Sarah écrit et met en scène “des histoires pour l’écran, pour la scène, pour le papier, pour des formats interactifs ou hybrides”. Et en ce moment, elle est Script Writer sur Beyond Good & Evil 2 (Ubisoft).

Formation : Licence Arts du Spectacle et Cinéma, en 2005, à l’université Lumière Lyon 2; Master en 2 ans Scénarisation de contenus audiovisuels multi-support, transmédia (la première année) et Audiovisuel, media interactifs numériques, jeux, avec une spécialisation sur les Écritures interactives (la seconde année).
  • sa 1ère réalisation : la pièce de théâtre "Le Fou, la Tour et le Cavalier"
  • son 1er gros succès : la pièce de théâtre "Les Ancêtres Dungton"
  • son dernier gros succès : la pièce de théâtre "Les Ancêtres Dungton"
"Mon métier, c’est scénariste. Avec le temps, j’ai un peu reformulé l’intitulé en “scénariste multisupport” - c’est à dire que j’écris pour différents supports, différents médias. Je suis partie de la littérature, car ce que je voulais simplement, c’était écrire des romans. Mais c’était un objectif qui, à l’époque et toujours maintenant, me paraissait difficile à atteindre, et un peu flou. Du coup, je me suis dirigée vers une formation Arts du Spectacle et Cinéma, en 2005, à l’université Lumière Lyon 2. Après ma licence, je suis partie sur Paris, dans la “ville des rêves perdus” (comme l’appellent parfois ceux qui montent là-bas en espérant percer dans le milieu du cinéma), pour devenir scénariste.

samedi 25 avril 2020

Prenons des nouvelles de ... Seele Games




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, je prends de leurs nouvelles, depuis la première semaine de confinement. Et comme j'aime créer du lien et l'entretenir, je vous partage ces nouvelles.

Seele Games est un studio indépendant de développement de jeux vidéo qui se spécialise sur les formats pour smartphone, tablette et Apple Watch. Leur devise ? « Faire de grands jeux sur de petits formats ! »

Céline Pêcheur, game artist et co fondatrice du studio nous donne de leurs nouvelles.

(N'hésitez pas à (re)lire l’interview de Céline sur ce même blog)

Dans quelle phase de développement êtes-vous en ce moment ?

Nous avons plusieurs projets en cours : certains sont en pré-sortie, d’autres en production et d’autres encore en pré-production.

Quel a été le plus gros impact du confinement sur ton projet ?

Pour nous, cela ne change pas beaucoup de chose à l’heure actuelle. Nous travaillions déjà depuis chez nous et nos contacts avec les collaborateurs externes se faisaient déjà par internet.

Par contre, j’ai moi-même été malade au tout début du confinement (potentiellement le covid 19, mais pas testée, donc je ne peux pas l’affirmer). La maladie m’a empêché de travailler pendant 2 bonnes semaines.

Certains de nos collaborateurs se retrouvent avec leurs enfants à la maison du fait du confinement, ce qui fait que c’est difficile pour eux de travailler une journée complète comme ils le faisaient auparavant : cela peut rallonger les délais de production.

D’autres, au contraire, ont plus de temps du fait du chômage partiel. Cela nous a permis de relancer la production de notre jeu WikiWay, un projet qui était un peu en stand-by. Comme il s’agit d’une application pour la marche à pied, nous espérons le sortir pour la fin du confinement !

Voici quelques screenshots de Wikiway :


CollectionTodayWeek

Qu’avez-vous mis en place, comme process, qui fonctionne plus ou moins bien ?

Nous n’avons rien mis en place de spécial : nous utilisions déjà tout un tas d’outils pour travailler en télétravail avec nos collaborateurs.

Vous avez mis des outils particuliers en place, pour faciliter le travail à distance ?

Nous utilisons beaucoup d’outils en ligne :

  • Trello pour l’organisation,
  • Slack et Skype pour discuter avec nos collaborateurs,
  • Dropbox pour le partage de fichiers et Unity collab.

Nous utilisions déjà tout ça avant le confinement, donc pas de grands changements pour nous. Nous connaissons déjà très bien ces outils.

Est-ce qu'il y a des activités particulières que vous ne faites plus ?

Forcément tous les événements extérieurs, comme les apéro Push Start [association des professionnels et futurs professionnels de jeu vidéo d’Occitanie] :p

Quel(s) impact(s) subissez-vous au niveau financier ?

Absolument aucun. D’autant qu’actuellement le marché du jeu mobile se porte plutôt bien: les gens étant confinés, ils consomment plus de jeux vidéo dématérialisés.

Nous avons cependant moins de demandes en prestations, mais cela nous permet de consacrer plus de temps aux projets internes de Seele Games, ainsi qu’à notre auto-formation.

Comment vous êtes-vous adaptés aux annulations ou reports de salons commerciaux ?

Nous n’avions pas prévus de nous rendre à des salons cette année. Ce n’est donc pas en tant qu’entreprise que nous sommes impactés par les annulations de salons, mais plutôt en tant que joueurs.

Comment se passe la relation avec tes publishers ?

Cela se passe plutôt bien. Ils sont juste un peu longs à répondre aux mails en ce moment. Mais vu les circonstances, j’imagine que c’est compliqué pour eux aussi.

Avez-vous un rendez-vous digital vous concernant à proposer ?

Nous lançons dans les prochains jours un rendez-vous Bandes Dessinées sur Instagram, autour d’un de nos jeux qui est à l’heure actuelle un prototype papier : Legacies.

Prototype papier de Legacies (Seele Games © 2020)

Le concept du jeu, c’est un peu le vis-ma-vie d’un dirigeant de maison de Game of Throne, ou un Crusader King allégé, dans lequel l’aspect narration est d'avantage mis en avant. Dans ce jeu, vous incarnez un chef de famille d’une lignée de nobles. Tous les ans, vous choisissez de faire une action (au choix parmi 3 propositions qui sont tirées au hasard). Des conséquences immédiates ou à plus long terme découlent de l’action choisie. Des événements se déclenchent aussi en fonctions des actions précédentes (par exemple, un dirigeant marié a, tous les ans, une possibilité qu’un enfant naisse).

Au cours de nos tests, nous nous sommes rendus compte du vaste potentiel en matière de storytelling, et nous nous sommes dits que ce serait amusant de raconter les histoires de notre dynastie de test en strips BD.

Ce sera à retrouver, un vendredi sur deux, sur nos comptes Instagram, twitter et facebook ! Le premier strip est en ligne depuis le vendredi 24 avril : voici une des planches de cette première série.

Legacies, en BD, Seele Games © 2020
Legacies en BD, Seele Games © 2020

Merci Céline et bonne continuation !

mardi 14 avril 2020

Prenons des nouvelles de ... Bloom Pictures




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, je prends de leurs nouvelles, depuis la première semaine de confinement. Et comme j'aime créer du lien et l'entretenir, je vous partage ces nouvelles.

Le studio Bloom Pictures, spécialisé dans les films d’animation 3D pour la publicité, la bande-annonce ou le court ou long métrage, travaille sur son premier long métrage. Il sera consacré aux animaux en voie de disparition, sous l’inspiration du livre "Endangered" de Tim Flach, un photographe animalier.

Gabriel Grapperon, un des co fondateurs du studio, qui est aussi son directeur technique, nous donne quelques nouvelles [ndlr : propos recueillis le 10/04/2020].


(N'hésitez pas à (re)lire ou revoir l’interview de Gabriel sur ce même blog, ou l'article sur leur prochain film, publié dans lokko)

Dans quelle phase de développement étiez-vous au démarrage du confinement ?

Nous étions en train de répondre à des appels d'offre. Mais surtout, en plein déménagement dans de nouveaux locaux, de 180 mètres carrés, dans le centre de Montpellier.

Nous aurons de la place pour installer un coin de 
réunion / visioconférence, une render farm [une ferme de rendu est une grappe de serveurs dont l'objectif est de calculer le rendu des images de synthèse], du rangement, un coin studio avec fond vert, plus de stations de travail, etc..


Quel a été le plus gros impact du confinement sur ton projet ?

L’arrêt du déménagement ! Nous avons dû tout arrêter en pleine action. Nous avons tout déposé en tas dans le nouveau local et nous avons juste récupéré de quoi travailler à domicile.


Qu’avez-vous mis en place, comme process, qui fonctionne plus ou moins bien ?

  • Qui fonctionne ?
  • Nous sommes en début de projet pour le moment donc nous avons surtout des activités de pré production, de l’écriture de script, de l’estimation de budget, de la création d’animatics, etc.. Ces activités se font très bien en télétravail, avec des conférences skypes en appui pour faire des points tous ensemble.

  • Qui fonctionne moins bien ?
  • Nous allons démarrer la production dans les prochains jours. Nous avons donc mis en place un système pour pouvoir continuer à travailler à distance. La mise en place de ce système a pris du temps. Les connexions internets de chacun ne sont pas forcément très rapides. Les collaborateurs avec qui nous allons travailler n'ont pas tous du matériel chez eux, nous avons dû commander et faire livrer des ordinateurs. Nous devons aussi jongler avec les licences des logiciels de production.

Globalement, tout se passe bien, mais cela rajoute une complexité dans l'organisation de la production.


Vous avez mis des outils particuliers en place, pour faciliter le travail à distance ?

Nous avons fait le choix que chacun travaille en local, et nous n’avons pas mis en place de teamviewer. Les fichiers produits sont ensuite synchronisés chez tout le monde avec Google Filestream. C'est simple et efficace. Tout le monde a accès aux mêmes fichiers et avec des chemins identiques.

Nous avons pu conserver la structure de notre réseau local et la dupliquer dans le cloud. Ce choix s’est imposé surtout du fait que nous étions en début de production. Les fichiers sont légers : nous sommes dans la fabrication des assets, des personnages. Si le confinement devait se prolonger, nous serions probablement obligés de changer de système car les fichiers deviendraient alors trop lourds pour être synchronisés chez tout le monde. Il faudrait alors mettre en place une solution de type ‘bureau à distance’ pour être plus efficace.


Est-ce qu'il y a des activités particulières que vous ne faites plus ?

En interne, nous n'avons rien annulé, les projets sont juste décalés dans le temps.


Quel(s) impact(s) subissez-vous au niveau financier ?

Jusqu'à maintenant l'impact a été raisonnable.
Ce qui nous inquiète plus, ce sont les conséquences économiques globales et sur le secteur audiovisuel.


Comment vous êtes-vous adaptés aux annulations ou reports de salons commerciaux ?

Ce sont plutôt les salons et festivals qui sont obligés de s'adapter. Certains passent ont réussi à se maintenir en ligne, comme par exemple le festival de Stuttgart où nous devions aller : les organisateurs nous ont prévenu qu’ils allaient diffuser les court métrages en ligne. C'est un peu triste de voir des équipes qui ont préparé une programmation pendant toute l'année qui ne pourra pas être diffusé en salle. Mais face aux circonstances, il faut relativiser, ce n'est malheureusement pas le plus grave.


Comment se passe la relation avec tes publishers ?

Les producteurs, clients, et prestataires avec qui nous travaillions se sont tous relativement bien adaptés et nous continuons à collaborer avec eux presque normalement.



Pour le plaisir, et parce qu’à la rédaction de 10ruption nous sommes complètement fan de ce studio, nous vous proposons de voir ou revoir ces 2 courts métrages.


  • Maestro, Bloom Pictures



  • Garden Party, Bloom Pictures


Merci Gabriel et bon courage à toute l'équipe !

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