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mardi 16 juin 2020

Parlons d'innovation avec...

Sarah Beaulieu, scénariste multisupport


Interview du 4 juin 2020, réalisée par rOmain Thouy


35ème article d’une série d’interviews réalisés sur la gestion de l’innovation dans le domaine des industries créatives (jeux vidéo, films d’animation) de la région Occitanie.

Sarah Beaulieu
Sarah Beaulieu est scénariste multisupport, auteur et metteur en scène. Comme elle le dit elle-même sur son blog, Sarah écrit et met en scène “des histoires pour l’écran, pour la scène, pour le papier, pour des formats interactifs ou hybrides”. Et en ce moment, elle est Script Writer sur Beyond Good & Evil 2 (Ubisoft).

Formation : Licence Arts du Spectacle et Cinéma, en 2005, à l’université Lumière Lyon 2; Master en 2 ans Scénarisation de contenus audiovisuels multi-support, transmédia (la première année) et Audiovisuel, media interactifs numériques, jeux, avec une spécialisation sur les Écritures interactives (la seconde année).
  • sa 1ère réalisation : la pièce de théâtre "Le Fou, la Tour et le Cavalier"
  • son 1er gros succès : la pièce de théâtre "Les Ancêtres Dungton"
  • son dernier gros succès : la pièce de théâtre "Les Ancêtres Dungton"
"Mon métier, c’est scénariste. Avec le temps, j’ai un peu reformulé l’intitulé en “scénariste multisupport” - c’est à dire que j’écris pour différents supports, différents médias. Je suis partie de la littérature, car ce que je voulais simplement, c’était écrire des romans. Mais c’était un objectif qui, à l’époque et toujours maintenant, me paraissait difficile à atteindre, et un peu flou. Du coup, je me suis dirigée vers une formation Arts du Spectacle et Cinéma, en 2005, à l’université Lumière Lyon 2. Après ma licence, je suis partie sur Paris, dans la “ville des rêves perdus” (comme l’appellent parfois ceux qui montent là-bas en espérant percer dans le milieu du cinéma), pour devenir scénariste.

samedi 25 avril 2020

Prenons des nouvelles de ... Seele Games




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, je prends de leurs nouvelles, depuis la première semaine de confinement. Et comme j'aime créer du lien et l'entretenir, je vous partage ces nouvelles.

Seele Games est un studio indépendant de développement de jeux vidéo qui se spécialise sur les formats pour smartphone, tablette et Apple Watch. Leur devise ? « Faire de grands jeux sur de petits formats ! »

Céline Pêcheur, game artist et co fondatrice du studio nous donne de leurs nouvelles.

(N'hésitez pas à (re)lire l’interview de Céline sur ce même blog)

Dans quelle phase de développement êtes-vous en ce moment ?

Nous avons plusieurs projets en cours : certains sont en pré-sortie, d’autres en production et d’autres encore en pré-production.

Quel a été le plus gros impact du confinement sur ton projet ?

Pour nous, cela ne change pas beaucoup de chose à l’heure actuelle. Nous travaillions déjà depuis chez nous et nos contacts avec les collaborateurs externes se faisaient déjà par internet.

Par contre, j’ai moi-même été malade au tout début du confinement (potentiellement le covid 19, mais pas testée, donc je ne peux pas l’affirmer). La maladie m’a empêché de travailler pendant 2 bonnes semaines.

Certains de nos collaborateurs se retrouvent avec leurs enfants à la maison du fait du confinement, ce qui fait que c’est difficile pour eux de travailler une journée complète comme ils le faisaient auparavant : cela peut rallonger les délais de production.

D’autres, au contraire, ont plus de temps du fait du chômage partiel. Cela nous a permis de relancer la production de notre jeu WikiWay, un projet qui était un peu en stand-by. Comme il s’agit d’une application pour la marche à pied, nous espérons le sortir pour la fin du confinement !

Voici quelques screenshots de Wikiway :


CollectionTodayWeek

Qu’avez-vous mis en place, comme process, qui fonctionne plus ou moins bien ?

Nous n’avons rien mis en place de spécial : nous utilisions déjà tout un tas d’outils pour travailler en télétravail avec nos collaborateurs.

Vous avez mis des outils particuliers en place, pour faciliter le travail à distance ?

Nous utilisons beaucoup d’outils en ligne :

  • Trello pour l’organisation,
  • Slack et Skype pour discuter avec nos collaborateurs,
  • Dropbox pour le partage de fichiers et Unity collab.

Nous utilisions déjà tout ça avant le confinement, donc pas de grands changements pour nous. Nous connaissons déjà très bien ces outils.

Est-ce qu'il y a des activités particulières que vous ne faites plus ?

Forcément tous les événements extérieurs, comme les apéro Push Start [association des professionnels et futurs professionnels de jeu vidéo d’Occitanie] :p

Quel(s) impact(s) subissez-vous au niveau financier ?

Absolument aucun. D’autant qu’actuellement le marché du jeu mobile se porte plutôt bien: les gens étant confinés, ils consomment plus de jeux vidéo dématérialisés.

Nous avons cependant moins de demandes en prestations, mais cela nous permet de consacrer plus de temps aux projets internes de Seele Games, ainsi qu’à notre auto-formation.

Comment vous êtes-vous adaptés aux annulations ou reports de salons commerciaux ?

Nous n’avions pas prévus de nous rendre à des salons cette année. Ce n’est donc pas en tant qu’entreprise que nous sommes impactés par les annulations de salons, mais plutôt en tant que joueurs.

Comment se passe la relation avec tes publishers ?

Cela se passe plutôt bien. Ils sont juste un peu longs à répondre aux mails en ce moment. Mais vu les circonstances, j’imagine que c’est compliqué pour eux aussi.

Avez-vous un rendez-vous digital vous concernant à proposer ?

Nous lançons dans les prochains jours un rendez-vous Bandes Dessinées sur Instagram, autour d’un de nos jeux qui est à l’heure actuelle un prototype papier : Legacies.

Prototype papier de Legacies (Seele Games © 2020)

Le concept du jeu, c’est un peu le vis-ma-vie d’un dirigeant de maison de Game of Throne, ou un Crusader King allégé, dans lequel l’aspect narration est d'avantage mis en avant. Dans ce jeu, vous incarnez un chef de famille d’une lignée de nobles. Tous les ans, vous choisissez de faire une action (au choix parmi 3 propositions qui sont tirées au hasard). Des conséquences immédiates ou à plus long terme découlent de l’action choisie. Des événements se déclenchent aussi en fonctions des actions précédentes (par exemple, un dirigeant marié a, tous les ans, une possibilité qu’un enfant naisse).

Au cours de nos tests, nous nous sommes rendus compte du vaste potentiel en matière de storytelling, et nous nous sommes dits que ce serait amusant de raconter les histoires de notre dynastie de test en strips BD.

Ce sera à retrouver, un vendredi sur deux, sur nos comptes Instagram, twitter et facebook ! Le premier strip est en ligne depuis le vendredi 24 avril : voici une des planches de cette première série.

Legacies, en BD, Seele Games © 2020
Legacies en BD, Seele Games © 2020

Merci Céline et bonne continuation !

mardi 14 avril 2020

Prenons des nouvelles de ... Bloom Pictures




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, je prends de leurs nouvelles, depuis la première semaine de confinement. Et comme j'aime créer du lien et l'entretenir, je vous partage ces nouvelles.

Le studio Bloom Pictures, spécialisé dans les films d’animation 3D pour la publicité, la bande-annonce ou le court ou long métrage, travaille sur son premier long métrage. Il sera consacré aux animaux en voie de disparition, sous l’inspiration du livre "Endangered" de Tim Flach, un photographe animalier.

Gabriel Grapperon, un des co fondateurs du studio, qui est aussi son directeur technique, nous donne quelques nouvelles [ndlr : propos recueillis le 10/04/2020].


(N'hésitez pas à (re)lire ou revoir l’interview de Gabriel sur ce même blog, ou l'article sur leur prochain film, publié dans lokko)

Dans quelle phase de développement étiez-vous au démarrage du confinement ?

Nous étions en train de répondre à des appels d'offre. Mais surtout, en plein déménagement dans de nouveaux locaux, de 180 mètres carrés, dans le centre de Montpellier.

Nous aurons de la place pour installer un coin de 
réunion / visioconférence, une render farm [une ferme de rendu est une grappe de serveurs dont l'objectif est de calculer le rendu des images de synthèse], du rangement, un coin studio avec fond vert, plus de stations de travail, etc..


Quel a été le plus gros impact du confinement sur ton projet ?

L’arrêt du déménagement ! Nous avons dû tout arrêter en pleine action. Nous avons tout déposé en tas dans le nouveau local et nous avons juste récupéré de quoi travailler à domicile.


Qu’avez-vous mis en place, comme process, qui fonctionne plus ou moins bien ?

  • Qui fonctionne ?
  • Nous sommes en début de projet pour le moment donc nous avons surtout des activités de pré production, de l’écriture de script, de l’estimation de budget, de la création d’animatics, etc.. Ces activités se font très bien en télétravail, avec des conférences skypes en appui pour faire des points tous ensemble.

  • Qui fonctionne moins bien ?
  • Nous allons démarrer la production dans les prochains jours. Nous avons donc mis en place un système pour pouvoir continuer à travailler à distance. La mise en place de ce système a pris du temps. Les connexions internets de chacun ne sont pas forcément très rapides. Les collaborateurs avec qui nous allons travailler n'ont pas tous du matériel chez eux, nous avons dû commander et faire livrer des ordinateurs. Nous devons aussi jongler avec les licences des logiciels de production.

Globalement, tout se passe bien, mais cela rajoute une complexité dans l'organisation de la production.


Vous avez mis des outils particuliers en place, pour faciliter le travail à distance ?

Nous avons fait le choix que chacun travaille en local, et nous n’avons pas mis en place de teamviewer. Les fichiers produits sont ensuite synchronisés chez tout le monde avec Google Filestream. C'est simple et efficace. Tout le monde a accès aux mêmes fichiers et avec des chemins identiques.

Nous avons pu conserver la structure de notre réseau local et la dupliquer dans le cloud. Ce choix s’est imposé surtout du fait que nous étions en début de production. Les fichiers sont légers : nous sommes dans la fabrication des assets, des personnages. Si le confinement devait se prolonger, nous serions probablement obligés de changer de système car les fichiers deviendraient alors trop lourds pour être synchronisés chez tout le monde. Il faudrait alors mettre en place une solution de type ‘bureau à distance’ pour être plus efficace.


Est-ce qu'il y a des activités particulières que vous ne faites plus ?

En interne, nous n'avons rien annulé, les projets sont juste décalés dans le temps.


Quel(s) impact(s) subissez-vous au niveau financier ?

Jusqu'à maintenant l'impact a été raisonnable.
Ce qui nous inquiète plus, ce sont les conséquences économiques globales et sur le secteur audiovisuel.


Comment vous êtes-vous adaptés aux annulations ou reports de salons commerciaux ?

Ce sont plutôt les salons et festivals qui sont obligés de s'adapter. Certains passent ont réussi à se maintenir en ligne, comme par exemple le festival de Stuttgart où nous devions aller : les organisateurs nous ont prévenu qu’ils allaient diffuser les court métrages en ligne. C'est un peu triste de voir des équipes qui ont préparé une programmation pendant toute l'année qui ne pourra pas être diffusé en salle. Mais face aux circonstances, il faut relativiser, ce n'est malheureusement pas le plus grave.


Comment se passe la relation avec tes publishers ?

Les producteurs, clients, et prestataires avec qui nous travaillions se sont tous relativement bien adaptés et nous continuons à collaborer avec eux presque normalement.



Pour le plaisir, et parce qu’à la rédaction de 10ruption nous sommes complètement fan de ce studio, nous vous proposons de voir ou revoir ces 2 courts métrages.


  • Maestro, Bloom Pictures



  • Garden Party, Bloom Pictures


Merci Gabriel et bon courage à toute l'équipe !

vendredi 3 avril 2020

Prenons des nouvelles de ... TAT Productions




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, je prends de leurs nouvelles, depuis la première semaine de confinement. Et comme j'aime créer du lien et l'entretenir, je vous partage ces nouvelles.

TAT Productions est un studio de production de film d’animation pour la télévision et le cinéma. Installé à Toulouse, il a été créé en 2000 par David Alaux, Éric et Jean-François Tosti. Ses productions sont diffusées dans plus de 200 territoires et traduites dans plus de 40 langues. Depuis 2012, le studio a produit 3 saisons des As de la jungle et ses 2 premiers longs métrage pour le cinéma, les As de la jungle, et son petit dernier, Terra Willy, sorti en avril 2019.

Dans quelle phase de votre projet étiez-vous mardi 17 mars 2020 à 12:00:00 ?

La saison 3 de la série des As de la Jungle avait déjà été livrée. Nous étions en préproduction de notre long-métrage ARGONAUTES et en production de notre film LES AVENTURES DE PIL qui sortira en salles le 13 octobre 2021.

Quel a été le plus gros impact du confinement sur vos projets ?

L'activité du studio est partiellement suspendue jusqu'à la fin du confinement. 

Qu’avez-vous mis en place, comme process, qui fonctionne bien ou moins bien ?

Côté écriture, développement des projets, recherches de financement, communication et administration, tout fonctionne à 100% et nous avançons à bon rythme.

Côté fabrication, l'équipe R&D est au travail pour améliorer encore notre pipeline de fabrication et s'assurer que la reprise à plein dès la fin du confinement se fasse dans les meilleures conditions.

Il y a des activités particulières que vous ne faites plus ?

Pour préserver l'excellence du studio (basée sur le fait que tout le monde travaille ensemble en même temps au même endroit, ie auteurs, réalisateurs, chefs d'équipes, équipes, production...), nous avons préféré écarter l'hypothèse du télétravail qui aurait forcément un impact sur la qualité des films (baisse de productivité, manque de coordination et d'échanges...) et, in fine, un impact financier pour "rattraper" la déperdition qui serait finalement à terme sûrement plus coûteux pour TAT financièrement et en terme d'image.

Comment vous êtes-vous adaptés aux annulations ou reports de salons commerciaux ?

Concernant notre prochain marché professionnel à Cannes, nous y participerons sûrement à sa forme numérique.

Comment se passe la relation avec vos publishers ?

Tous nos partenaires habituels (distributeurs, vendeurs internationaux, chaînes, financeurs...) ont validé notre stratégie de fonctionnement.

Les prochains rendez-vous que vous nous donnez ?


La célèbre série d’animation LES AS DE LA JUNGLE A LA RESCOUSSE, diffusée sur France 4 depuis 2014, est de retour pour une nouvelle salve d'épisodes ! Cette troisième saison, très attendue par les enfants, mais aussi par leurs parents (!), sera diffusée tous les matins sur France 3 à partir du samedi 4 avril et sera également disponible sur Okoo, la nouvelle plateforme jeunesse de France Télévisions !

Et les dates pour nos projets en cours
  • LES AVENTURES DE PIL, long-métrage. Distribution : SND. Date de sortie prévue : 13 octobre 2021. Actuellement en cours de production 
  • ARGONAUTES , long-métrage Distribution : Apollo Films.  Sortie prévu en 2022.  Actuellement en cours de production.
  • LES AS DE LA JUNGLE 2 , long-métrage Distribution : SND.  Sortie prévu en 2023.  Actuellement en cours de pré-production. 
Pour plus d'infos : http://tatprod.com/productions/

mardi 31 mars 2020

Prenons des nouvelles de ... Frédéric Maury, du studio Tomato Sound Factory




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, je prends de leurs nouvelles, depuis la première semaine de confinement. Et comme j'aime créer du lien et l'entretenir, je vous partage ces nouvelles.

Frédéric Maury est ingénieur du son, spécialiste de la post-production son depuis de nombreuses années. Il a créé Tomato Sound Factory, en mars 2006, une société qui propose des prestations de grande qualité pour le son à l'image et pour la musique. 
Le studio Tomato Sound Factory, unique, a une histoire particulière. Il a été conçu et construit par l'acousticien anglais Philip R. Newell, qui a été aussi directeur technique de Virgin Records et ingénieur du son et producteur de plusieurs albums d'un certain Mike Oldfield.
Frédéric m'a promis une séance d'écoute dans le studio, j'ai hâte de pouvoir venir l'interviewer ! En attendant, il a bien voulu, à distance respectable, répondre à mes questions.

Dans quelle phase de développement/de projets êtiez-vous au démarrage du confinement ? (stand by, pré-prod, prod, etc.)

Au moment du confinement, il y avait plusieurs projets en cours et un planning en constante évolution.

1/ Un projet à longue échéance : la post-production son d’un long métrage documentaire pour le cinéma. Une co-production française/hongroise et américaine. Ce film devait être livré pour début avril pour que le distributeur puisse commencer son travail de diffusion auprès des festivals internationaux. Les choses vont se décaler globalement, de 1 et 2 mois. Le tournage de ce projet a commencé il y a presque 10 ans, c’est de toute façon un film qui se fabrique sur la durée. La distribution étant reportée, cela laisse le temps de réaliser le travail.

2/ Deux albums devaient arriver du mixage pour que je réalise le mastering. Le mixage ayant pris du retard, mon travail est décalé d’autant. Ces projets sont reportés à la sortie du confinement.

3/ Le flux régulier de demandes ponctuelles de mastering pour un titre unique est quasiment à l’arrêt, je n'ai plus de demande pour le moment. Je continue des projets que je réalise bénévolement à titre personnel, depuis la maison, pendant le confinement.

4/ En ce moment, je reçois des demandes de post-production musique (mastering) qui seront planifiées d’ici cet été je pense. J’établis les devis.

Quel est pour le moment le plus gros impact du confinement pour ton studio/entreprise ?

Il est un peu tôt pour analyser les conséquences sur l’entreprise.

Je suis habitué à traverser des périodes de crise et d’activités en dent de scie. Pour le moment, le studio est à l'arrêt et je me repose.

Ce confinement me permet de réfléchir, de rattraper le retard pris sur des tâches administratives. Mais je n’ai plus de revenus et la société n’enregistre aucune rentrée financière.

Quels process avez-vous mis en œuvre pour vous adapter ?

 Le repos, forcé et comme je te l'ai dit juste avant, je traite des tâches administratives en retard.

Quels outils (logiciels) avez-vous mis en œuvre ?

Je conserve la communication avec mes clients.

Quelles activités avez-vous dû annuler pour le moment ?

Toutes celles liées à la production.

Quel(s) impact(s) subissez-vous au niveau financier ?

Je n'ai plus aucune rentrée financière.

Comment votre studio/entreprise s'adapte-t-il aux annulations/reports de salons ?

Le salon du MIDEM est annulé pour cette année, c’est donc une année de retard dans le développement des projets.

Comment se passent les relations avec vos publishers ?

Les relations commerciales sont pour le moment à l’arrêt.

Une machine que j’avais en démonstration test au studio n’a pas pu être retournée à son concepteur pour le moment, les choses sont figées. Cette période va donc aussi retarder les investissements prévus.

Fred Maury, dans son studio - 2017 © Luc Jennepin

Pour écouter, au calme, les productions de Fred, n'hésitez pas à consulter la page facebook du studio.

lundi 30 mars 2020

Prenons des nouvelles ... de Gear Prod, avec Adrien Vert




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, j’ai pris de leurs nouvelles, la semaine dernière, juste après le début du confinement.


Gear Prod conçoit et commercialise Echo Squad, une attraction immersive pour 4 à 6 joueurs, à la croisée des escape game, du jeu vidéo et des attractions sensationnelles. A bord d'un sous-marin grandeur nature, le Red Squid, chaque membre d'équipage choisit d'abord son poste : capitaine, artilleur, mécano, sonar, ou pilote, avant de plonger pour vivre une des aventures proposées et partager une expérience collaborative, conviviale et ludique unique.

Adrien Vert, l’un des 3 co fondateurs de la société que j’avais eu l’occasion d’interviewer pour Lokko, nous donne des nouvelles en cette période de confinement exceptionnel.

(Vous pourrez relire Parlons D’Innovation Avec Gilles Raymon & Adrien Vert de 10ruption qui leur avait été consacré).


Dans quelle phase projet étiez-vous au début du confinement ?

Nous venions d’installer un sous-marin à Bensheim, en Allemagne (près de Frankfurt et Heidelberg). C’est le 5ème sous-marin installé. Nous n’avons pas de nouveaux déplacements à faire.
Nous avions donc prévu de relancer une phase de développement pour améliorer nos produits, notamment la mission en réseau, c’est-à-dire jouable entre plusieurs sous-marins. Nous avons donc planifié 2 mois de développement organisé en sprints de 2 semaines.

Quel a été le plus gros impact du confinement sur vos projets ?

Tous les sous-marins sont fermés, donc nous n’avons plus de revenus liés à cette activité.
Je devais aussi donner des cours dans une école (35 h), mais c’est gelé, du fait du confinement.

Nous risquons aussi d’avoir une réduction d'activité liée à notre éloignement du prototype : il y a pas mal de trucs que nous n’allons pas pouvoir tester.

Qu’avez-vous mis en place, comme processus, qui fonctionne bien ou moins bien ?

Nous sommes 4 à travailler sur le développement. Quentin (notre stagiaire), Gilles, Julien et moi-même.
Nous avions anticipé le confinement dès le lundi de la semaine juste avant le confinement. Et le jeudi 12 mars au soir, nous étions prêts. 

Nous continuons d’utiliser Hangouts, Slack et Discord, car ça fonctionne bien. Mais nous essayons d’avoir tous plus de rigueur à la présence en ligne aux horaires de boulot, et réciproquement, de ne pas nous solliciter en dehors des horaires de boulot. Cela permet plus de souplesse et de réactivité.

Je trouve les conf call assez fatigantes, peut-être parce que j’en ai vraiment beaucoup. Tu es sur une tâche, tu t’arrêtes, tu dois être attentif. Et j’assure toujours mes cours, de suivi de projet d’étudiant de 1er année sous Unity et de cours magistraux de Game Design avec partage d’écran et question/réponse (pour E-ArtSup). Donc ça fait vraiment beaucoup de conf call !

Vous avez mis des outils particuliers en place pour faciliter le travail à distance ?

Nous avons pris Skype pro, et, comme je te l'ai dit, nous continuons d'utiliser Hangouts et Discord.

Quel impact subissez-vous au niveau financier ?

Nous avons essayé de geler au maximum nos dépenses, mais il  nous reste le loyer.
C’est un peu paradoxal, mais la situation aurait été plus compliquée si nous avions eu beaucoup plus de sous-marins en activité.
Côté banques, au début du confinement, elles étaient submergées d’appels et ne répondaient pas. Maintenant, elles sont assez réactives. Philippe, notre 3ème associé, qui bosse dans une entreprise de comptabilité, est bien au courant de toutes les informations sur l’accompagnement des entreprises dans cette période particulière et il nous en fait profiter.

Il y a des activités particulières que vous ne faites plus ?

Un exploitant devait ouvrir un sous-marin sur Montpellier, mais tout est suspendu, pour le moment et sera reporté à une date ultérieure.

Comment vous êtes-vous adaptés aux annulations ou reports de salons commerciaux ?

Nous n’avions pas prévu de participer à des salons. A la rentrée, nous prévoyons d’aller au IAAPA, un salon européen dédié aux attractions innovantes (à Londres).
Par rapport aux salons, nous sommes dans une logique de communication vers nos distributeurs, donc c’est plutôt eux qui devaient participer à des salons qui ont été annulé.

Comment se passe la relation avec vos fournisseurs et distributeurs ?

Quand nous avons fabriqué le sous-marin pour l’Allemagne, c’était juste l’époque du nouvel an chinois. Et le début du confinement en Chine. Heureusement que nous avions pu anticiper les commandes, sans quoi nous aurions été bloqué pour la construction : il faut compter 2 à 3 mois pour construire un sous-marin.
Côté distributeurs, nous travaillons beaucoup avec l’Allemagne, en ce moment, et ça bouge un peu au niveau commercial.
Et puis Echo squad est désormais disponible en Anglais (et le sera bientôt en Allemand).
Notre levée de fonds se poursuit : heureusement que tout le monde n’est pas en mode panique.



Fin de sprint chez Gear Prod © 2020

jeudi 26 mars 2020

Prenons des nouvelles ... des créateurs de Docteur Pilule, avec Jean-Philippe Caro




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, j’ai pris de leurs nouvelles, la semaine dernière, juste après le début du confinement.


La société Fantastic Lombric, qui a conçu et produit Docteur Pilule, développe, en ce moment, un nouveau jeu de société basé sur de la prise de territoire, jouable de 2 à 4 joueurs, pour des parties d'environ 25 à 30 minutes. Jean-Philippe Caro, un des 3 co fondateurs de la société, nous raconte ce début de confinement exceptionnel (propos recueilli le 20 mars 2020).

(N'hésitez pas à (re)lire la "vraieritable" histoire de Docteur Pilule sur ce même blog,
et pour les fans, à revoir leur interview décalé dans lokko).


NDR: j'ai dû prendre 2 pilules bleues pour mener à bien cet interview...
Je vous laisse deviner lesquelles !
(réponses en fin d'article)

Dans quelle phase de développement étiez-vous au début du ... ?


En tout début de production ! La pré-production nous a apporté 90% du design des règles de jeu et un amusement bien dosé, que nous avons eu le temps de tester auprès d'une petite communauté d'une trentaine de joueurs. Même s’il faudra étendre les playtests durant la production !
Nous avons également travaillé au contexte dans lequel se situerait le jeu et à sa narration : l’environnement, les personnages et leurs rôles respectifs, les transpositions dans le même thème des mécaniques de jeu.
Aujourd'hui, Jacques travaille fort (quand il a le temps, en dehors de son boulot principal) à la mise en forme graphique de toutes ces idées. Les premiers résultats sont vraiment top ! J'ai trop hâte de voir la suite, même s'il le dit lui-même, "c'est du boulot !".

Quel a été le plus gros impact du confinement sur votre ... ?

Nous travaillons à 3 (Guillaume Jacques et moi) et en dehors de notre activité principale (Ubisoft). Même si nous avons peu de temps à y allouer chacun, le fait que notre principale activité soit basée dans la même entreprise (Ubi), nous permet cependant de nous tenir à jour des idées, des envies et des développements en cours de chacun.
Là, nous n'avons plus ces petits moments, et il nous faut nous contacter à distance...
Donc la situation actuelle crée, pour le moment, beaucoup plus de latences dans nos échanges.
Nous sommes moins bien rythmés, et peut être que cela se ressentira sur la motivation ou le délai de production...
C'est encore difficile à dire car nous sommes au début du confinement.
Mais bon, nous nous appelons quand même et je pense que cela n'aura pas de grosse incidence.

Qu’avez-vous mis en place, comme processus, qui fonctionne plus ou moins ...

Juste avant le confinement, nous avions bien défini où nous en étions, du coup chacun sait ce qu'il doit faire dans sa partie. (Et c’est Jacques qui est le plus chargé en ce moment ! :) )

Passer un coup de fil pour se parler du projet est un acte pas forcément simple à mettre en place....
D'habitude, on se croisait à la pause au boulot, ou le matin, et à cette occasion, nous en profitions pour nous poser une question ou deux sur le projet en cours...
Cela donnait du rythme et faisait avancer sur de toutes petites interrogations et nous synchronisait suffisamment. 
Maintenant, quand tu appelles quelqu'un, généralement, il te faut avoir quelque chose de précis à dire ... Ce n'est pas intuitif d'appeler quelqu'un pour le questionner sur un détail... alors que quand tu croises cette personne, c'est plus naturel. C'est le seul bémol que je vois pour le moment.


Vous avez mis des outils particuliers en place, pour faciliter le tele-travaillum ?


Rien de plus que d'habitude (à part le téléphone que nous utilisons beaucoup plus ...) sinon comme d'habitude, les emails.

Et Jacques a sa méthode à lui !

Jacques Exertier © Fantastic Lombric, 2020

Il y a des activités particulières que vous ne faites plus du toum ?

Oui :
- manger ensemble,
- passer du bon temps durant ces moments partagés
- et surtout nous marrer !! :)
(ça, ça manque !)

Comment vous êtes-vous adaptés aux annulations ou reports des commercium groupus ?

Le seul jeu que nous ayons sorti pour le moment est Docteur Pilule.
Sa sortie commence à être plus ancienne et ne génère pas d'attente particulière du public, du coup.
Nous avons en plus cédé la licence du jeu à Goliath, un gros groupe qui désormais produit et diffuse le jeu à notre place. En conséquence, depuis cette année, nous ne participons pas aux salons.
Nous ne subirons pas d'impact sur ce que nous avions prévu, à part évidement la chute drastique des ventes...
Par contre, pour les organisateurs de Salons, ce ne doit pas être simple...
Et pour les éditeurs qui sortent de nouveaux jeux (notamment les plus petites structures où chaque jeu compte fortement économiquement), ça doit être vraiment très dur...
Les Salons sont une grosse opportunité pour faire connaitre, jouer et vendre son jeu plus largement.
Ce doit être terriblement frustrant et économiquement très impactant.

Comment se passe la relation avec tes editorius. Pas trop complicum ?

Pour nous ça se passe bien. Encore une fois, nous n'avons qu'un jeu. Donc ce n'est pas dur à gérer.
En plus, Goliath le distribue déjà depuis septembre 2019, tout est sur les rails.
Peut-être que c'est plus compliqué pour eux en interne actuellement avec le confinement. Pour le moment nous n'avons aucune information, ni aucun recul sur ce que cela engendrera pour nous et pour eux.



Alors, vous avez deviné quelles cartes ont été tirées du jeu pour réaliser cet interview ?
Et oui, c'est bien celles-...

Cartes à jouer extraites du jeu Docteur Pilule, produit par © Fantastic Lombric,  2020

Merci JP, bonne continuation !

mercredi 25 mars 2020

Prenons des nouvelles ... de Magic Design Studios, avec Bruno Gentile




#ParlonsDInnovationAvec a l’habitude, depuis un an et demi, d’explorer comment les acteurs des Industries Culturelles et Créatives de notre région gèrent l’innovation dans leurs studios et entreprises.





Comme l’innovation en ce moment, c’est surtout de s’adapter aux conditions exceptionnelles qui touchent le monde entier, j’ai pris de leurs nouvelles, la semaine dernière, juste après le début du confinement.

Je vous propose de lire, aujourd'hui, le témoignage de Bruno Gentile, directeur technique de Magic Design Studios.


Ce studio de développement de jeu vidéo situé à Montpellier, a sorti en 2019 son premier jeu vidéo, Unruly Heroes, sur toutes les plateformes (PC et consoles).

(Pour en savoir plus sur ce studio dynamique de Montpellier, 
n’hésitez pas à (re)lire l’article10ruption qui lui avait été consacré (novembre 2019)).


Dans quelle phase de développement étiez-vous au début du confinement ?

Nous étions sur deux pré-productions qui sont menées de front parce qu’elles ont des bases communes.

Quel est, pour le moment, le plus gros impact du confinement pour votre studio ?

Pour cette première période, c’est le temps alloué à l’adaptation à la situation qui a monopolisé la plus grosse partie de notre énergie. Même si ce fut finalement pas tant que ça, vu que toute l’équipe peut travailler à distance à j+3.
Personne n'a été mis de côté et tout le monde a su s’adapter à la situation. La plupart des membres de l'équipe ont une connexion fibré et un PC chez eux ; quelques-uns ont pu ramener des écrans ou le PC du bureau. Nous avons fait très tôt une commande de micro-casques pour communiquer plus facilement. Donc, à ce stade nous encaissons le coût de l'adaptation, en temps de travail perdu, soit à peine 3 jours. Bien entendu, il faudra voir à plus long terme.

Quels process avez-vous mis en œuvre pour vous adapter (qui fonctionnent bien, ou moins bien) ?

Ce qui fonctionne plutôt bien :
·         Le réseau fibré, pour presque tout le monde, fonctionne très bien : nous approchons des performances du réseau local. Pourtant notre infrastructure repose sur une simple Freebox fibre en mode bridge associé à un modeste routeur (cat. Small Business). Celui-ci gère nos connexions VPN et nous permet de communiquer avec nos serveurs locaux. Nous avons quand même maintenu une personne sur place pour s'occuper de la partie hardware, tant que cela sera possible.
·         L'usage d'une connexion VPN a permis de conserver quasiment toutes nos habitudes de travail, avec le versionning sous Plastic CSM et la plateforme Jenkins pour lancer automatiquement des Build sur les serveurs.
·         Nous avons rendu accessible, en externe, notre Chat qui fonctionne avec un NAS Synology (le VPN n'est pas requis pour lui), qui sera un peu plus résilient en cas de panne.
·         Discord, est une des bonnes surprises de ce changement. C’est un outil particulièrement efficace pour organiser des réunions audio. Nous avons même pu faire notre réunion de fin de semaine où l'on partage les avancées sur le projet avec 18 intervenants. En outre, Discord nous permet de briser l'isolement dû au confinement en discutant de vive voix en groupe.
·         Le stream d'écran, sur Discord, est pratique pour montrer son taf ou expliquer quelque chose de particulier à l’écran.

Ce qui fonctionne moins bien :
·         La difficulté pour nous dépanner les uns les autres, quand nous ne pouvons pas accéder directement à un poste. Nous avons utilisé AnyDesk (partage de bureau) mais ça fonctionne mal, donc maintenant nous nous contentons de streamer l'écran avec Discord.
·         Nous avons débuté avec des connexions VPN PPTP avec des débits faibles et des déconnexions intempestives. Je n'ai pas particulièrement d'explication technique à ces problèmes, mais quand nous avons ensuite basculé sur OpenVPN, le débit a été multiplié par 100 en upload et nous n’avons plus rencontré aucun autre problème à ce jour (20 mars 2020).
·         Nous n’avons pas eu le temps de commander une deuxième Freebox pour agréger leur bande passante, ce qui nous aurait donné plus de confort.
·         Le problème est encore virtuel, mais nous sommes devenus très dépendants d'un fonctionnement sans accro d'internet et de nos serveurs distants : la moindre panne nous immobilisera et je dois dire que c’est un sujet de préoccupation important surtout si l'interdiction de déplacement s'étend aux métiers non essentiels.

Quels outils (logiciels) utilisez-vous pour faciliter le travail à distance ?

Ceux que je viens de citer juste avant : OpenVPN, Discord

Quelles activités avez-vous dû annuler pour le moment ?

Pas tant de choses finalement, en dehors des RDV informels prévus sur des salons et autres (GDC, etc.). Certains meetings se sont fait en visioconférence en remplacement.

Comment votre studio s'adapte-t-il aux annulations ou reports de salons ?

Actuellement nous n'avons pas de jeux à présenter au public, mais uniquement à des professionnels, donc pour cela, les RDV ont été réalisés en visioconférence.

Comment se passent les relations avec vos publishers ou fournisseurs ?

Pas de soucis avec nos partenaires extérieurs. La communication se déroule bien. Perfect World qui est notre publisher chinois pour la version mobile du jeu nous a envoyé des masques. Ils comprennent parfaitement notre situation.

Merci Bruno et bon courage à toute l'équipe !





























Crédits photos : le facebook du studio !

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